L'interférométrie d'intensité mise à l'honneur dans Science & Vie

Un saut quantique dans l’imagerie astronomique à haute résolution.

L’interférométrie d’intensité est une technique permettant d’observer les objets brillants du ciel, comme des étoiles par exemple, avec potentiellement une résolution inégalée. Elle a été développée dès les années 60 et a été utilisée à l’époque pour mesurer, pour la première fois, le diamètre angulaire de plus de 30 étoiles brillantes. Le principe de cette technique – d’origine quantique – repose sur la mesure des corrélations dans les fluctuations de l’intensité lumineuse détectée simultanément par deux télescopes visant la même étoile. Augmenter la distance entre les télescopes permet d'augmenter la résolution angulaire. Cette méthode extrêmement puissante souffre néanmoins d’une sensibilité limitée, et n’a pu ainsi être appliquée qu’aux étoiles les plus brillantes, conduisant à son abandon au profit de l’interférométrie optique directe (interférométrie d’amplitude), plus sensible mais techniquement nettement plus difficile à mettre en œuvre.

 

Des physiciens de l’Institut de Physique de Nice, en collaboration avec des astronomes de l’Observatoire de la Côte d’Azur, viennent de remettre au goût du jour cette technique en utilisant les technologies modernes en photonique et électronique, permettant d’améliorer la sensibilité. Ces travaux ont fait l'objet d'un article dans Sciences & Vie. Les premières expériences de démonstration ont été effectuées avec les deux télescopes C2PU sur le plateau de Calern. À plus long terme, ces travaux sont en partie motivés par la possibilité d’appliquer l’interférométrie d’intensité à un réseau constitué d’un grand nombre de télescopes, tel que le réseau CTA actuellement en construction à la Palma en Espagne et à Paranal au Chili. Avec une telle infrastructure, l’interférométrie d’intensité permettra de reconstruire des images d’étoiles avec une résolution angulaire inégalée, jusqu’à 10 fois meilleure que le plus performant interféromètre optique actuel.

 

Contact: William Guerin, william.guerin@inphyni.cnrs.fr

 

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